Les sept clés du changement
Vitesse, focus et capacité à mettre de côté l'accessoire sont les leviers les plus importants dans une action de changement rapide, conviennent nos managers comme les dirigeants opérationnels que nous avons rencontrés.
Le schéma des sept leviers n'a pas pour vocation d'imposer une méthode toute faite mais, en raisonnant par étapes simples et concrètes, d'aider le manager à se focaliser sur les priorités.
- La clé n°1 : Maîtriser le champ des opérations, décrit l’évaluation initiale de la situation : comprendre les enjeux, les organisation et les hommes. Il est indispensable de se faire une idée de ces éléments-clés dès les premières semaines. Cela suppose de savoir aller à l’essentiel, sans rechercher l’exhaustivité.
- La clé n°2 : Établir ses appuis, porte sur les premières décisions concernant les hommes. Le dirigeant aura besoin de relais pour mener les actions nécessaires. Le choix d’une équipe rapprochée revêt une importance décisive : sans bouleverser les structures en place, il faut verrouiller les postes-clés tout en sachant éliminer les facteurs de blocage.
- La clé n°3 : Engager les premières mesures, se joue dès le premier mois. Au-delà d’un impact financier immédiat — qui peut être une question de survie — les « early wins » contribueront aussi à mobiliser les équipes. Ces mesures déboucheront sur l’annonce d’un plan de marche explicite.
Une fois ce plan défini, l’impulsion de changement devra se trouver relayée dans le temps, tandis que les mesures d’urgence débouchent sur des changements à moyen, voire à long terme. Cette dynamique s’étend en gros sur le deuxième et le troisième mois : elle implique une attention soutenue à quelques grands indicateurs éclairants, l’évaluation des résultats et des hommes, l’adaptation progressive des structures.
- La clé n°4 s’intitule Contrôler et mesurer les actions. On ne peut pas avancer sans outils fiables de mesure. Mais dans le délai des 100 Jours, il n’y a pas le temps de bâtir des systèmes de reporting sophistiqués. Le dirigeant privilégiera le bon sens en concentrant ses efforts sur quelques indicateurs simples, parlants et aisément communicables. Au-delà de ce reporting, il s’agira aussi d’instaurer le suivi rapproché des plans d’action et de mettre l’entreprise sous tension.
- La clé n°5 : Adapter les structures, se penche sur l’aménagement nécessaire de l’organisation, de ses systèmes d’information et de pilotage RH. Il faudra le faire de façon très progressive et pragmatique, sans se tromper de priorité : certaines mesures, plus délicates, devront être reportées à plus longue échéance.
Deux domaines, enfin, révèlent leur importance décisive tout au long de la dynamique des 100 Jours.
- La clé n°6 : Communiquer sans cesse, revient en détail sur ce levier crucial. Il s’agit pour l’essentiel d’une communication de proximité, pragmatique et directe, plutôt que d’une communication institutionnelle. Le dirigeant devra trouver le juste équilibre entre rassurer et dynamiser les hommes.
- La clé n°7 : Asseoir son leadership, rassemble les conditions sous lesquelles le dirigeant établira son pouvoir, sa crédibilité personnelle, et saura trouver l’adhésion collective pour réussir le pari du changement. Même si le leadership se bâtit dans la durée, sur l’ensemble des actions engagées par le dirigeant et des résultats obtenus, il existe quelques éléments à surveiller tout particulièrement.