Documents /transition33 / Un Manager de Transition résout en urgence un grave problème de production à l'étranger

Un Manager de Transition résout en urgence un grave problème de production à l'étranger

Référence Transition n°33, 10-2004
Données Europe Pays d'Europe de l'Est Hi-tech Directeur de projet
Thèmes Industrie, international, supply-chain, logistique, qualité.

Une société française a choisi de délocaliser en Europe de l’Est la fabrication d’un équipement de haute technologie. Son soustraitant emploie près de 4 000 personnes, dont 20 % sont affectées aux commandes du client français.

« Redresser la barre » à distance

Très vite surgissent divers problèmes de qualité : plannings non respectés, produit défaillant, inventaires inexacts… Plusieurs tentatives pour « redresser la barre » à distance ne font qu’accroître les tensions avec le partenaire. Dans un secteur d’activité où la vitesse est question de survie, ces aléas prennent un tour critique.

La direction française s’adresse alors à EIM pour demander un Manager de Transition qui puisse intervenir, avec intelligence et neutralité, auprès du sous-traitant pour remettre la production sur les bons rails.

L’homme de la situation est agréé sous les huit jours : ingénieur électronicien de formation, il a, au cours d’une carrière significative à l’international, dirigé des sites industriels de plus de 1 000 personnes. Surqualifié, il partage pleinement la culture technique des équipes en place.

Un regard neuf et impartial

Immédiatement opérationnel, le Manager se donne quinze jours pour se faire une idée de la situation. Son bilan confirme de serieux problèmes de qualité, mais qui ne sont pas entièrement imputable au sous-traitant.

Ayant gagné l’estime des équipes de production, le Manager établit qu’elles disposent d’une compétence réelle, trop souvent contestée par leur client français.

Mais l’organisation du conditionnement et de la logistique laisse à désirer, en raison notamment d’un encadrement inégal; les procédures qualité et les plans d’amélioration manquent souvent de rigueur. Les difficultés s’expliquent aussi par certaines négligences du commanditaire  : d’une part, une délocalisation trop rapide et insuffisamment planifiée; d’autre part, une concertation presque inexistante avec le Bureau d’Etudes qui a tendance à fonctionner en autarcie.

Il importe de faire sauter les blocages. Le Manager comprend que son statut d’extérieur, en position de médiateur, est un atout. Avec le soutien du Conseiller EIM, il s’emploie dès lors à fluidifier la communication au sein de ce curieux « ménage à trois » : producteur, concepteur et planificateur, faisant valoir les enjeux et les contraintes de chacun.

Cette transparence lui permettra d’engager trois chantiers. En premier lieu, il fait agréer par toutes les parties des règles strictes de planification. Il lance ensuite un programme rigoureux de formation et de contrôle qualité : ce dernier est mis en oeuvre dès le début, en sortie de chaîne, pour se déplacer progressivement vers l’amont à mesure que des efforts soutenus de formation portent leurs fruits. Ce programme est enfin assorti d’un renouvellement partiel de l’encadrement, négocié et obtenu par le Manager, qui permet de verrouiller l’ensemble de la chaîne logistique.

Leçons d’une mission réussie

Après six mois, le site a retrouvé des volumes, une régularité et un niveau de qualité conformes aux exigences du client. La mission a pris fin sur un succès et, ce qui n’est pas moins important, dans un climat de sérénité retrouvée.

Le Manager de Transition en a tiré « trois règles d’or » :

  • Ne pas confondre externalisation et simple sous-traitance. On ne peut pas tout imposer ni contrôler dans les détails. Il faut laisser à son fournisseur ses marges de manoeuvre et d’appréciation, sans perdre de vue le « poids » réel que l’on peut exercer sur son activité.
  • Prendre ses responsabilités : tout d’abord, en planifiant avec soin le transfert d’activité ; ensuite, en s’assurant de la « process-capability  » de son partenaire.
  • S’astreindre à des règles du jeu transparentes : travailler « à livre ouvert », en confiance, sans imputer aveuglément tout problème aux défaillances de son fournisseur.

Au-delà de ces impératifs, la position de neutralité du Manager de Transition aura joué un rôle crucial pour dénouer la crise. Comme le résume le Manager : « Les équipes locales savaient que je n’étais pas l’Entreprise française ; ça a été un point déterminant ».

Les solutions EIM de management de transition sont particulièrement aptes à gérer les problématiques de changement au sein de l'entreprise